Animaux tués sur les routes, œufs abandonnés, faire les poubelles


On me demande souvent s’il est « végan » de manger les « animaux tués sur les routes », les œufs abandonnés par les poules qu’on a comme compagnonnes, ou des produits d’origine animale trouvés dans les poubelles.

Ma réponse est courte : non.

La suite ici : http://fr.abolitionistapproach.com/2012/07/14/animaux-tues-sur-les-routes-oeufs-abandonnes-faire-les-poubelles/

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[Traduction] Qu’est-ce qui ne va pas avec les œufs de basse-cour ?


Suite à la popularisation croissante de l’agriculture urbaine, de plus en plus de personnes cherchent à commencer leur propre élevage de jardin, croyant qu’en élevant (ou adoptant) des poules et en veillant à leur bien-être, elles pourront éliminer la souffrance inhérente de la production d’œufs.

Source : [Traduction] Qu’est-ce qui ne va pas avec les œufs de basse-cour ?

Pourquoi donner des arguments écologiques dessert l’abolition de l’exploitation animale ?


1) On adopte un point de vue anthropocentrique.

La question de la protection de la planète se pose quand souvent l’être humain se sent en danger vis à vis du réchauffement climatique ou quand il se soucie de la disparition de certaines espèces d’animaux sauvages.
On invisibilise ainsi la plupart des victimes.

Faire la promotion de l’environnement quand une personne se fout des animaux, c’est comme lui dire que le sang des humains lors des guerres pollue les nappes phréatiques. Leurs droits ne sont alors pas considérés.

2) On se soucie plutôt de l’espèce que de l’individu

Beaucoup de personnes qui se soucient de l’écologie pensent d’abord à protéger les espèces plutôt que les individus. C’est par exemple le cas des abeilles où l’apiculture est promue comme un grand sauvetage des abeilles. Mais on ne parle pas des abeilles tuées et exploitées dans l’apiculture.

Paul Watson, engagé dans l’écologie depuis des années met en avant les animaux aquatiques en délaissant l’exploitation des animaux terrestres. Alors qu’on pourrait simplement par une promotion de l’anti-spécisme et du véganisme abolitionniste considérer tous les animaux.

Des extraits d’une interview de Paul Watson :

Mon éditeur voulait que je vous demande: Pourquoi tuer une baleine est pire que tuer un cochon, par exemple, quand un cochon est intelligent, aussi ?

Je reçois beaucoup cette question des japonais, et je trouve cela offensant. Comment peut-on comparer le meurtre d’un cochon à la mort d’une baleine? Tout d’abord, nos navires sont vegan. Quarante pour cent des poissons pêchés dans les océans servent à nourrir le bétail – les cochons et les poulets sont les plus grands prédateurs aquatiques. L’industrie de l’élevage est l’un des plus grands contributeurs à des émissions de gaz à effet de serre. Le fait de manger de la viande est une catastrophe écologique.

Êtes-vous végétarien ou végan ?

Oui, un végan, mais nous faisons la promotion du véganisme pas pour des raisons des droits des animaux, mais pour des raisons de conservation de l’environnement.

Vous ne pouvez pas comparer l’abattage des animaux dans un abattoir à celui d’une baleine. Ce qu’on fait à ces baleines – ou dauphins, comme à Taiji – ne serait jamais toléré dans un abattoir. Ces abattoirs seraient fermés. Ca prend de 10 à 45 minutes pour tuer une baleine et elles meurent dans une horrible agonie. Ce serait complètement intolérable et illégal dans n’importe quel abattoir du monde.

En outre, ce sont des espèces en voie de disparition et protégées – les cochons et les vaches ne sont pas. Ils font partie d’un écosystème, au contraire des cochons et des vaches. Ça me dérange toujours que cette comparaison soit amenée. Et surtout quand elle est amenée par les Japonais, qui mangent plus de cochons, des vaches et des poulets que tous les gens de l’Australie et la Nouvelle Zélande réunis. Seulement un pour cent des Japonais mangent des baleines; pour la plupart, ils mangent des vaches et des cochons et des oiseaux. C’est une analogie ridicule.

Ce que les gens peuvent faire pour soutenir votre travail ?

Arrêter de manger l’océan. Ne pas manger quoi que ce soit de l’océan – il n’y a pas de telle chose comme une pêche durable. Si les gens mangent de la viande, assurez-vous qu’elle soit organique et ne contribue pas à la destruction de l’océan parce que 40 pour cent de tout le poisson qui est pris de l’océan nourrit le bétail – des poulets dans les fermes industrielles sont nourris à la farine de poisson. Et être conscient du fait que si les océans meurent, nous mourons. Par conséquent, notre responsabilité ultime est de protéger la biodiversité dans les océans de notre planète.

L’argument environnemental est adapté seulement quand on évoque les droits fondamentaux des animaux humains et non humains (destruction des habitats des animaux sauvages, faim dans le monde, etc.)

3) Des pratiques occultées.

Acheter des produits testés sur animaux, des vêtements en matière animale d’occasion, pratiquer un freeganisme carniste, tuer et ou battre un chien, incorporer un chien dans une équipe professionnelle, dresser un chien pour un guide d’aveugle, monter un cheval ou le dresser et aller voir des spectacles avec animaux ont peu d’impact négatif sur l’environnement.

Et pourtant, ils sont problématiques dans le sens où ces pratiques vont à l’encontre de la libération animale et renforcent la pratique sociale qui est de consommer des animaux.

4) Écologique ne veut pas dire éthique

En se rendant compte que les êtres humains aussi polluent et on est fort pour cela, il est envisageable de tuer des humains. Or, cela n’a rien d’éthique.

Tout comme une personne peut venir à tuer des animaux pour qu’ils polluent moins.

Les droits des animaux peuvent être bafoués par écologie.

5) L’éthique, un choix sans concession et compensation

Il est possible qu’une personne végane pour l’environnement puisse en fait s’autoriser à exploiter les animaux dans la mesure où elle compense par d’autres actes.

L’éthique ne se compense pas. Exploiter un animal et en épargner un autre n’enlèvera en rien qu’on ait bafoué les droits du premier.

Il peut être meilleur pour l’environnement d’acheter un produit local non végan qu’un produit végan produit à l’autre bout de la planète. Pourtant, cela n’a rien d’éthique.

On en revient aussi au freeganisme, plus local, plus écolo que d’acheter.
Finalement, les limites de l’écologie sont difficiles à définir. Alors que pour l’éthique, un cadre a été posé, celui de respecter les êtres sentients, en l’occurence les animaux.

Du sauvetage au commerce des animaux


De nombreuses annonces de vente d’animaux qui partent à l’abattoir, paraissent sur le web.
On les trouve sur les réseaux sociaux, sur les sites d’annonces, les forums de protection animale.
C’est ainsi que des chevaux sont vendus des centaines d’euros, que des évènements visent à vendre des poules à 1 euro et bien d’autres encore.

Des animaux-humains sensibles à leur sort diffusent ces annonces voire achètent des animaux.
Des associations de protection animale organisent aussi des campagnes d’achat.
Je ne parlerai pas ici de ce que l’éleveureuse récupère comme argent. Que moins d’argent lui revienne ou pas, que ça lui soit rentable, en vendant à un.e particulier.e plutôt qu’à l’abattoir n’est pas la question.
Vendre un animal n’est pas acceptable, tout comme aider à l’éleveureuse à maintenir son exploitation animale dans le peu qu’iel gagne.

Le mythe de l’étoile de mer

Les animaux-humains s’intéressent avant tout à l’individu seul. Ces personnes l’accueillent chez eux et il sera sain et sauf. C’est une noble chose que de vouloir lui épargner la mort. On ne peut pas tous les sauver et en même temps, cet animal le sera avec leur geste.
La différence avec l’histoire de l’étoile de mer est le contexte dans lequel on récupère l’animal.
En effet, cet animal est vendu par un.e éleveureuse ou particulier.e et plusieurs problématiques se posent, entre autres l’achat de l’animal.

Le problème de la marchandisation de l’animal
Donner une valeur monétaire à l’animal l’associe à une marchandise, à une propriété. Les animaux ne nous appartiennent pas, nous en sommes responsables quand nous les recueillons. Les personnes refusant l’exploitation animale comprendront bien qu’un animal n’est pas un objet.
En achetant un animal, on perpétue l’idée de la légitimité du commerce des animaux. Cela encourage les animaux-humains à continuer à rabaisser les animaux, à les considérer comme un moyen.

Un animal vendu remplacé par un autre
Un.e éleveureuse qui vend un animal va pouvoir racheter un animal derrière et pouvoir faire vivre son exploitation. Alors on aura donné de l’argent à un.e éleveureuse qui n’exploitera plus cet animal et en même temps le fera avec un autre.

Le commerce des particulier.e.s
Un.e particulier.e peut venir à vendre un animal (qu’il peut déjà exploiter = faire reproduire les animaux)qu’iel enverra sinon à l’abattoir ou le fera euthanasier. Acheter un animal, cautionner son acte de vente, l’encouragera à recommencer un jour à vendre des animaux. On restera là encore dans un cadre où l’animal n’est considéré que pour son rendement.

Le revers du sauvetage : l’exploitation animale.
Certaines personnes qui achètent ou non un animal, continuent d’exploiter les animaux. Cela est le cas pour les poules (ponte, abattage), les chevaux (la monte et le dressage). Il convient alors de dénoncer aussi toutes les exploitations animales à l’encontre des animaux.

Beaucoup de poules, pas de poussins mâles
Beaucoup de poules sont vendues. Les personnes se liant aux élevages pour vendre des animaux partant à l’abattoir ne semblent pas se soucier du broyage des poussins mâles. Est-ce qu’on adopte alors une poule pour l ‘exploiter et non parce que ça serait un animal comme les autres ?

Des chat.te.s aux oiseaux, des chien.ne.s aux moutons…
Peu d’animaux issus de l’élevage sont actuellement sauvés. Les animaux proposés à l’adoption sont souvent issus de refuges avec chien.ne.s et chat.te.s, voire lapin.e.s, rongeurs… On souhaiterait pourtant leur donner une meilleure vie. Quand ce n’est pas possible de sauver des animaux d’élevage en passer par l’achat, il convient de réaliser qu’un individu sentient est avant tout un individu.
Quand on sauve un animal, en pensant à son interêt et non en recherchant une compagnie, on ne se préoccupe pas qu’il soit un.e chien.ne, un chat.te ou un coq. Cet aspect devrait nous préoccuper dans la considération des besoins de l’animal et ce qu’on peut lui apporter comme nourriture, comme soins, comme sorties, comme confort, et les dangers qui se présentent à nous ou à lui (les animaux déjà présents, les allergies…).
Il est aussi important de se détacher du capacitisme de l’animal. Ce n’est pas parce qu’on ne le considère pas intelligent, qu’il n’est pas capable de s’adonner à des activités variées avec vous qu’il ne mérite pas d’être adopté.
Ce qu’on peut faire pour Tous les animaux, c’est de militer pour l’abolition de l’exploitation animale.

« Douce nuit » de Dino Buzzati


L'ecrivain et journaliste italien Dino Buzzati (1906-1972) a Cervinia 1954 Neg:B70379PL  --- Italian journalist and writer Dino Buzzati  (1906-1972) in Cervinia 1954

L’ecrivain et journaliste italien Dino Buzzati (1906-1972) a Cervinia 1954   Source : lefigaro.fr

Elle eut dans son sommeil, un faible gémissement.

À la tête de l’autre lit, assis sur le divan, il lisait à la lumière concentrée d’une petite lampe. Il leva les yeux. Elle eut un léger frémissement, secoua la tête comme pour se libérer de quelque chose, ouvrit les paupières et fixa l’homme avec une expression de stupeur, comme si elle le voyait pour la première fois. Et puis elle eut un léger sourire.

– Qu’y a-t-il, chérie ?

– Rien, je ne sais pas pourquoi mais je ressens une espèce d’angoisse, d’inquiétude…

– Tu es un peu fatiguée du voyage, chaque fois c’est la même chose et puis tu as un peu de fièvre, ne t’inquiète pas, demain ce sera passé.

Elle se tut pendant quelques secondes, en le fixant toujours, les yeux grands ouverts. Pour eux, qui venaient de la ville, le silence de la vieille maison de campagne était vraiment exagéré. Un tel bloc hermétique de silence qu’il semblait qu’une attente y fût cachée, comme si les murs, les poutres, les meubles, tout, retenaient leur respiration.

Et puis elle dit, paisible :

– Carlo, qu’y a-t-il dans le jardin ?

– Dans le jardin ?

– Carlo, je t’en prie, puisque tu es encore debout, est-ce que tu ne voudrais pas jeter un coup d’œil dehors, j’ai comme la sensation que…

– Qu’il y a quelqu’un ? Quelle idée. Qui veux-tu qu’il y ait dans le jardin en ce moment ? Les voleurs ? Et il rit. Ils ont mieux à faire les voleurs que de venir rôder autour de vieilles bicoques comme celle-ci.

– Oh ! je t’en prie, Carlo, va jeter un coup d’œil.

Il se leva, ouvrit la fenêtre et les volets, regarda dehors, resta stupéfait. Il y avait eu de l’orage l’après-midi et maintenant dans une atmosphère d’une incroyable pureté, la lune sur son déclin éclairait de façon extraordinaire le jardin, immobile, désert et silencieux parce que les grillons et les grenouilles faisaient justement partie du silence.

C’était un jardin très simple : une pelouse bien plane avec une petite allée aux cailloux blancs qui formait un cercle et rayonnait dans différentes directions : sur les côtés seulement il y avait une bordure de fleurs. Mais c’était quand même le jardin de son enfance, un morceau douloureux de sa vie, un symbole de la félicité perdue, et toujours, dans les nuits de lune, il semblait lui parler avec des allusions passionnées et indéchiffrables.

Au levant, à contre-jour et sombre par conséquent, se dressait une barrière de grands charmes taillée en arches, au sud une haie basse de buis, au nord l’escalier qui menait au potager, au couchant la maison. Tout reposait de cette façon inspirée et merveilleuse avec laquelle la nature dort sous la lune et que personne n’est jamais parvenu à expliquer. Cependant, comme toujours, le spectacle de cette beauté expressive qu’on peut contempler bien sûr, mais qu’on ne pourra jamais faire sienne, lui inspirait un découragement profond.

– Carlo appela Maria de son lit, inquiète, en voyant qu’il restait immobile à regarder. Qui est là ?

Il referma la fenêtre, laissa les volets ouverts et il se retourna :

– Personne, ma chérie. Il y a une lune formidable. Je n’ai jamais vu une semblable paix.

Il reprit son livre et retourna s’asseoir sur le divan.

Il était onze heures dix.

À ce moment précis, à l’extrémité sud-est du jardin, dans l’ombre projetée par les charmes, le couvercle d’une trappe dissimulée dans l’herbe commença à se soulever doucement, par à-coups, se déplaçant de côté et libérant l’ouverture d’une étroite galerie qui se perdait sous terre. D’un bond un être trapu et noirâtre en déboucha, et se mit à courir frénétiquement en zigzag.

Suspendu à une tige un bébé sauterelle reposait, heureux, son tendre abdomen vert palpitait gracieusement au rythme de sa respiration. Les crochets de l’araignée noire se plongèrent avec rage dans le thorax, et le déchirèrent. Le petit corps se contorsionna, détendant ses longues pattes postérieures une seule fois. Déjà les horribles crocs avaient arraché la tête et maintenant ils fouillaient dans le ventre. Des morsures jaillit le suc abdominal que l’assassin se mit à lécher avidement.

Tout à la volupté démoniaque de son repas, il n’aperçut pas à temps une gigantesque silhouette sombre qui s’approchait de lui par-derrière. Serrant encore sa victime entre ses pattes, l’araignée noire disparut à jamais entre les mâchoires du crapaud.

Mais tout, dans le jardin, était poésie et calme divin.

Une seringue empoisonnée s’enfonça dans la pulpe tendre d’un escargot qui s’acheminait vers le jardin potager. Il réussit à parcourir encore deux centimètres avec la tête qui lui tournait, et puis il s’aperçut que son pied ne lui obéissait plus et il comprit qu’il était perdu. Bien que sa conscience fût obscurcie, il sentit les mandibules de la larve assaillante qui déchiquetaient furieusement des morceaux de sa chair, creusant d’affreuses cavernes dans son beau corps gras et élastique dont il était si fier.

Dans la dernière palpitation de son ignominieuse agonie il eut encore le temps de remarquer, avec une lueur de réconfort, que la larve maudite avait été harponnée par une araignée-loup et lacérée en un éclair.

Un peu plus loin, tendre idylle. Avec sa lanterne, allumée par intermittence au maximum, une luciole tournaillait autour de la lumière fixe d’une appétissante petite femelle, languissamment étendue sur une feuille. Oui ou non ? Oui ou non ? Il s’approcha d’elle, tenta une caresse, elle le laissa faire. L’orgasme de l’amour lui fit oublier à quel point un pré pouvait être infernal une nuit de lune. Au moment où il embrassait sa compagne, un scarabée doré d’un seul coup l’éventra irrévocablement, le fendant de bout en bout. Son petit fanal continuait à palpiter implorant, oui ou non ? que son assaillant l’avait déjà à moitié englouti.

À ce moment-là il y eut un tumulte sauvage à un demi-mètre de distance à peine. Mais tout se régla en quelques secondes. Quelque chose d’énorme et de doux tomba comme la foudre d’en haut. Le crapaud sentit un souffle fatal dans son dos, il chercha à se retourner. Mais il se balançait déjà dans les airs entre les serres d’un vieux hibou.

En regardant on ne voyait rien. Tout dans le jardin était poésie et divine tranquillité.

La kermesse de la mort avait commencé au crépuscule. Maintenant elle était au paroxysme de sa frénésie. Et elle continuerait jusqu’à l’aube. Partout ce n’était que massacre, supplice, tuerie. Des scalpels défonçaient des crânes, des crochets brisaient des jambes, fouillaient dans les viscères, des tenailles soulevaient les écailles, des poinçons s’enfonçaient, des dents trituraient, des aiguilles inoculaient des poisons et des anesthésiques, des filets emprisonnaient, des sucs érosifs liquéfiaient des esclaves encore vivants.

Depuis les minuscules habitants des mousses : les rotifères, les tardigrades, les amibes, les tecamibes, jusqu’aux larves, aux araignées, aux scarabées, aux mille-pattes, oui, oui, jusqu’aux orvets, aux scorpions, aux crapauds, aux taupes, aux hiboux, l’armée sans fin des assassins de grand chemin se déchaînait dans le carnage, tuant, torturant, déchirant, éventrant, dévorant. Comme si, dans une grande ville, chaque nuit, des dizaines de milliers de malandrins assoiffés de sang et armés jusqu’aux dents sortaient de leur tanière, pénétraient dans les maisons et égorgeaient les gens pendant leur sommeil.

Là-bas dans le fond, le Caruso des grillons vient de se taire à l’improviste, gobé méchamment par une taupe. Près de la haie la petite lampe de la luciole broyée par la dent d’un scarabée s’éteint. Le chant de la rainette étouffée par une couleuvre devient un sanglot. Et le petit papillon ne revient plus battre contre les vitres de la fenêtre éclairée : les ailes douloureusement froissées il se contorsionne dans l’estomac d’une chauve-souris.

Terreur, angoisse, déchirement, agonie, mort pour mille et mille autres créatures de Dieu, voilà ce qu’est le sommeil nocturne d’un jardin de trente mètres sur vingt. Et c’est la même chose dans la campagne environnante, et c’est toujours la même chose au-delà des montagnes environnantes aux reflets vitreux sous la lune, pâles et mystérieuses. Et dans le monde entier c’est la même chose, partout, à peine descend la nuit : extermination, anéantissement et carnage. Et quand la nuit se dissipe et que le soleil apparaît, un autre carnage commence avec d’autres assassins de grand chemin, mais une égale férocité. Il en a toujours été ainsi depuis l’origine des temps et il en sera de même pendant des siècles, jusqu’à la fin du monde.

Marie s’agite dans son lit, avec des petits grognements incompréhensibles. Et puis, de nouveau elle écarquille les yeux, épouvantée.

– Carlo, si tu savais quel horrible cauchemar je viens de faire. J’ai rêvé que là-dehors, dans le jardin, on était en train d’assassiner quelqu’un.

– Allons, tranquillise-toi un peu, ma chérie, je vais venir me coucher moi aussi.

– Carlo, ne te moque pas de moi, mais j’ai encore cette étrange sensation, je ne sais pas, moi, c’est comme si dehors dans le jardin il se passait quelque chose.

– Qu’est-ce que tu vas penser là…

– Ne me dis pas non, Carlo, je t’en prie. Je voudrais tant que tu jettes un coup d’œil dehors.

Il secoue la tête et sourit. Il se lève, ouvre la fenêtre et regarde.

Le monde repose dans une immense quiétude, inondé par la lumière de la lune. Encore cette sensation d’enchantement, encore cette mystérieuse langueur.

– Dors tranquille, mon amour, il n’y a pas âme qui vive dehors, je n’ai jamais vu une telle paix.

Animaux tués sur les routes, oeufs abandonnés, faire les poubelles / Road Kill, Abandoned Eggs, and Dumpster Diving


Par Gary Francione, traduction de la version française du site de l’approche abolitionniste :

On me demande souvent s’il est « végan » de manger les « animaux tués sur les routes », les œufs abandonnés par les poules qu’on a comme compagnonnes, ou des produits d’origine animale trouvés dans les poubelles. –
Version originale :
I am frequently asked whether it is “vegan” to eat “road kill,” the abandoned eggs of hens who are kept as companions, or animal products that you find in a dumpster.

Ce que Michael Vick nous a appris / What Michael Vick taught us


Ce qui suit est la version écrite de mon exposé donné aux Collèges Hobart et William Smith le 31 mars 2011 en tant que Conférencier Distingué Foster P. Boswell en Philosophie :

QUE NOUS A APPRIS MICHAEL VICK ?

Vous souvenez-vous de Michael Vick ?

Vous rappelez-vous la formidable agitation provoquée par le demi d’ouverture des Faucons d’Atlanta Michael Vick, et son implication dans des combats de chiens organisés dans sa propriété de Virginie ?

Bien sûr que vous vous la rappelez.
 

La suite ici : http://fr.abolitionistapproach.com/2011/04/06/ce-que-michael-vick-nous-a-appris/

 
What follows is an edited version of the text of my presentation at Hobart and William Smith Colleges on March 31, 2011 as the 2011 Foster P. Boswell Distinguished Lecturer in Philosophy:

WHAT MICHAEL VICK TAUGHT US

Remember Michael Vick?

Do you remember all the commotion about Atlanta Falcons quarterback Michael Vick and his involvement in a dog fighting operation on some property he owned in Virginia?

Of course you do.

La suite ici : http://www.abolitionistapproach.com/what-michael-vick-taught-us/#.VY3RxPntlHw