Pourquoi donner des arguments santé dessert l’abolition de l’exploitation animale ?


1) On adopte un point de vue anthropocentrique.
Les interêts des êtres humains sont mis en avant dans une approche santé.
On invisibilise ainsi la plupart des victimes.
Faire la promotion de la santé quand une personne se fout des animaux, c’est comme lui dire que manger des humains, c’est mauvais pour la santé. Les droits des humains ne sont pourtant pas considérés.
2) Un parallèle par l’absurde
Inversement, on pourrait aussi proposer de manger des humains parce que c’est bon pour la santé. Et heureusement, cet acte n’aura pas lieu parce qu’il a été décidé de respecter les humains pour leur sentience.
Que ce soit dans l’un ou l’autre sens, on voit ainsi que la santé n’est pas en lien avec une question éthique.

Bien sûr, des personnes diront que les humains c’est notre espèce et c’est pour cette raison qu’on ne se le permet pas. Imaginons alors une espèce extraterrestre qui pourrait débarquer et décider qu’elle est supérieure à la notre. Sous ce prétexte, elle serait dans son bon droit de nous oppresser et nous faire subir des injustices. Est-ce pour autant acceptable ? Non.
(Merci Seb pour ton parallèle par l’absurde ^^)

3) Une population spécifique ciblée.

Les personnes omnivores qui se trouvent en bonne santé ne vont pas devenir véganes si on leur parle de santé. Alors que l’argument pour les animaux les concerne quelque soit le contexte, il est universel.

4) Respecter sa santé autrement que par le végétalisme

Des personnes peuvent être attirées par d’autres régimes qui promettent le même genre de bénéfices, il y a des alternatives. Alors qu’au niveau éthique, il n’y a pas d’alternative pour respecter les animaux.

4) Consommer moins de produits animaux est bon pour la santé

L’idée commune affichée est que consommer moins de produits animaux est meilleur pour la santé. Il n’est donc pas indispensable d’avoir une alimentation 100 % végétale. On peut envisager des écarts sur le plan santé. Ces écarts, par contre, les animaux le payeront fort.

5) Des pratiques occultées

Le véganisme n’est pas un régime alimentaire, c’est un engagement politique en faveur de l’abolition de l’exploitation animale.

Ainsi, l’argument santé ne prend pas en compte d’autres aspects de l’exploitation animale : produits testés sur animaux, cirques, zoos, chasse…
Il ne remet aucunement en cause le statut de propriété de l’animal, ni la domestication animale.

6) Finalement, la vraie direction qu’on veut donner à l’argument santé

On n’est pas végan.e pour sa santé. On est végan.e pour la santé physique et psychologique des animaux.

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Du sauvetage au commerce des animaux


De nombreuses annonces de vente d’animaux qui partent à l’abattoir, paraissent sur le web.
On les trouve sur les réseaux sociaux, sur les sites d’annonces, les forums de protection animale.
C’est ainsi que des chevaux sont vendus des centaines d’euros, que des évènements visent à vendre des poules à 1 euro et bien d’autres encore.

Des animaux-humains sensibles à leur sort diffusent ces annonces voire achètent des animaux.
Des associations de protection animale organisent aussi des campagnes d’achat.
Je ne parlerai pas ici de ce que l’éleveureuse récupère comme argent. Que moins d’argent lui revienne ou pas, que ça lui soit rentable, en vendant à un.e particulier.e plutôt qu’à l’abattoir n’est pas la question.
Vendre un animal n’est pas acceptable, tout comme aider à l’éleveureuse à maintenir son exploitation animale dans le peu qu’iel gagne.

Le mythe de l’étoile de mer

Les animaux-humains s’intéressent avant tout à l’individu seul. Ces personnes l’accueillent chez eux et il sera sain et sauf. C’est une noble chose que de vouloir lui épargner la mort. On ne peut pas tous les sauver et en même temps, cet animal le sera avec leur geste.
La différence avec l’histoire de l’étoile de mer est le contexte dans lequel on récupère l’animal.
En effet, cet animal est vendu par un.e éleveureuse ou particulier.e et plusieurs problématiques se posent, entre autres l’achat de l’animal.

Le problème de la marchandisation de l’animal
Donner une valeur monétaire à l’animal l’associe à une marchandise, à une propriété. Les animaux ne nous appartiennent pas, nous en sommes responsables quand nous les recueillons. Les personnes refusant l’exploitation animale comprendront bien qu’un animal n’est pas un objet.
En achetant un animal, on perpétue l’idée de la légitimité du commerce des animaux. Cela encourage les animaux-humains à continuer à rabaisser les animaux, à les considérer comme un moyen.

Un animal vendu remplacé par un autre
Un.e éleveureuse qui vend un animal va pouvoir racheter un animal derrière et pouvoir faire vivre son exploitation. Alors on aura donné de l’argent à un.e éleveureuse qui n’exploitera plus cet animal et en même temps le fera avec un autre.

Le commerce des particulier.e.s
Un.e particulier.e peut venir à vendre un animal (qu’il peut déjà exploiter = faire reproduire les animaux)qu’iel enverra sinon à l’abattoir ou le fera euthanasier. Acheter un animal, cautionner son acte de vente, l’encouragera à recommencer un jour à vendre des animaux. On restera là encore dans un cadre où l’animal n’est considéré que pour son rendement.

Le revers du sauvetage : l’exploitation animale.
Certaines personnes qui achètent ou non un animal, continuent d’exploiter les animaux. Cela est le cas pour les poules (ponte, abattage), les chevaux (la monte et le dressage). Il convient alors de dénoncer aussi toutes les exploitations animales à l’encontre des animaux.

Beaucoup de poules, pas de poussins mâles
Beaucoup de poules sont vendues. Les personnes se liant aux élevages pour vendre des animaux partant à l’abattoir ne semblent pas se soucier du broyage des poussins mâles. Est-ce qu’on adopte alors une poule pour l ‘exploiter et non parce que ça serait un animal comme les autres ?

Des chat.te.s aux oiseaux, des chien.ne.s aux moutons…
Peu d’animaux issus de l’élevage sont actuellement sauvés. Les animaux proposés à l’adoption sont souvent issus de refuges avec chien.ne.s et chat.te.s, voire lapin.e.s, rongeurs… On souhaiterait pourtant leur donner une meilleure vie. Quand ce n’est pas possible de sauver des animaux d’élevage en passer par l’achat, il convient de réaliser qu’un individu sentient est avant tout un individu.
Quand on sauve un animal, en pensant à son interêt et non en recherchant une compagnie, on ne se préoccupe pas qu’il soit un.e chien.ne, un chat.te ou un coq. Cet aspect devrait nous préoccuper dans la considération des besoins de l’animal et ce qu’on peut lui apporter comme nourriture, comme soins, comme sorties, comme confort, et les dangers qui se présentent à nous ou à lui (les animaux déjà présents, les allergies…).
Il est aussi important de se détacher du capacitisme de l’animal. Ce n’est pas parce qu’on ne le considère pas intelligent, qu’il n’est pas capable de s’adonner à des activités variées avec vous qu’il ne mérite pas d’être adopté.
Ce qu’on peut faire pour Tous les animaux, c’est de militer pour l’abolition de l’exploitation animale.

Le destin d’un poussin


Poème rédigé en avril 2011

«  Laissez moi sortir d’ici ! »
Tels furent les premiers mots
Résonnant dans ma coquille
Qui subissait mes sursauts

Petit zouave que j’étais
Je ne pouvais m’empêcher
De casser les murs épais
Dans un vœu de liberté

Quand je vis de la lumière
A travers quelques fissures
De la coque nourricière
Je partis à l’aventure

Mais mon sang ne fit qu’un tour
Car, foi de conquistador
J’aperçus un gros vautour
Dans un bien triste décor

Il venait prendre une caisse
Où moi et mes semblables
On goûtait à la tristesse
On était inconsolable.

Pas le temps de déplorer
L’absence de ma maman
Qu’arriva un autre ouvrier
Vêtu d’une blouse blanche

Qui pris d’un air assassin
Me sortit de cette caisse
M’emprisonna dans ses mains
Bafouant mon cri de détresse

Je fus lancé tel une balle
Sur un long tapis roulant
Avec plein de camarades
Certains tués dans peu de temps

Les gens faisaient le sexage
Comparant quelques plumes
Puis lançaient vers le broyage
Des compagnons d’infortune

Je continuais le voyage
A la queue d’autres femelles
Pour subir le débecquage
Une pratique cruelle

« Laissez moi m’enfuir d’ici ! »
Mots transformés en sanglots
Suite à mon bec raccourci
Par une lame pour bourreau

Un vaccin vaporisé
Avant d’être acheminée
Dans un élevage fermé
Tout le reste de l’année

Pourtant ma destinée prit
Une nouvelle tournure
Quand un rebord du tapis
M’éjecta sur le sol dur

Je vis au loin une porte
Qui s’ouvrait sur l’extérieur
C’était une chance en or
Pour échapper au malheur

Passant sous les machines
Je cours vers la liberté
A travers toute l’usine
Cachée et non signalée

Quelqu’un coinça l’ouverture
Avec un morceau de bois
Apportant  fournitures
En faisant plusieurs convois

Je me glissai donc dehors
Courant à vive allure
Quittant ce bien triste sort
Et cette salle obscure

Longeant une large route
Je me retrouve soudain
Face à un très gros matou
Qui a l’air d’avoir très faim

Je tente de traverser
Entre les automobiles
Pour échapper au danger
Mais ce fut bien difficile

Beaucoup de circulation
Sur la deuxième voie
Arrêta ma brave action
J’étais dans le désarroi

Puis soudain une voiture
Freina assez brusquement
Juste devant ma carrure
Évitant un accident

Une personne sortit
Au visage bienveillant
Qui se baissa et me prit
Puis partit rapidement

Et depuis ce fameux jour,
Je fus nourri et logé
Recevant tout plein d’amour
De l’âme qui m’a sauvé

Mais je repense souvent
A mes amis poussinets
Au lourd destin angoissant
Qu’ils rêveraient de quitter

Anonyme