Republication d’un article de janvier 2016 suite à un bug d’affichage du titre.



Pourquoi donner des arguments écologiques pour promouvoir l’abolition de l’exploitation animale dessert cette dernière ?

1) On adopte un point de vue anthropocentrique.

La question de la protection de la planète se pose quand souvent l’être humain se sent en danger vis à vis du réchauffement climatique ou quand il se soucie de la disparition de certaines espèces d’animaux sauvages.
On invisibilise ainsi la plupart des victimes.

Faire la promotion de l’environnement quand une personne se fout des animaux, c’est comme lui dire que le sang des humains lors des guerres pollue les nappes phréatiques. Leurs droits ne sont alors pas considérés.

2) On se soucie plutôt de l’espèce que de l’individu

Beaucoup de personnes qui se soucient de l’écologie pensent d’abord à protéger les espèces plutôt que les individus. C’est par exemple le cas des abeilles où l’apiculture est promue comme un grand sauvetage des abeilles. Mais on ne parle pas des abeilles tuées et exploitées dans l’apiculture.

Paul Watson, engagé dans l’écologie depuis des années met en avant les animaux aquatiques en délaissant l’exploitation des animaux terrestres. Alors qu’on pourrait simplement par une promotion de l’anti-spécisme et du véganisme abolitionniste considérer tous les animaux.

Des extraits d’une interview de Paul Watson :

Mon éditeur voulait que je vous demande: Pourquoi tuer une baleine est pire que tuer un cochon, par exemple, quand un cochon est intelligent, aussi ?

Je reçois beaucoup cette question des japonais, et je trouve cela offensant. Comment peut-on comparer le meurtre d’un cochon à la mort d’une baleine? Tout d’abord, nos navires sont vegan. Quarante pour cent des poissons pêchés dans les océans servent à nourrir le bétail – les cochons et les poulets sont les plus grands prédateurs aquatiques. L’industrie de l’élevage est l’un des plus grands contributeurs à des émissions de gaz à effet de serre. Le fait de manger de la viande est une catastrophe écologique.

Êtes-vous végétarien ou végan ?

Oui, un végan, mais nous faisons la promotion du véganisme pas pour des raisons des droits des animaux, mais pour des raisons de conservation de l’environnement.

Vous ne pouvez pas comparer l’abattage des animaux dans un abattoir à celui d’une baleine. Ce qu’on fait à ces baleines – ou dauphins, comme à Taiji – ne serait jamais toléré dans un abattoir. Ces abattoirs seraient fermés. Ca prend de 10 à 45 minutes pour tuer une baleine et elles meurent dans une horrible agonie. Ce serait complètement intolérable et illégal dans n’importe quel abattoir du monde.

En outre, ce sont des espèces en voie de disparition et protégées – les cochons et les vaches ne sont pas. Ils font partie d’un écosystème, au contraire des cochons et des vaches. Ça me dérange toujours que cette comparaison soit amenée. Et surtout quand elle est amenée par les Japonais, qui mangent plus de cochons, des vaches et des poulets que tous les gens de l’Australie et la Nouvelle Zélande réunis. Seulement un pour cent des Japonais mangent des baleines; pour la plupart, ils mangent des vaches et des cochons et des oiseaux. C’est une analogie ridicule.

Ce que les gens peuvent faire pour soutenir votre travail ?

Arrêter de manger l’océan. Ne pas manger quoi que ce soit de l’océan – il n’y a pas de telle chose comme une pêche durable. Si les gens mangent de la viande, assurez-vous qu’elle soit organique et ne contribue pas à la destruction de l’océan parce que 40 pour cent de tout le poisson qui est pris de l’océan nourrit le bétail – des poulets dans les fermes industrielles sont nourris à la farine de poisson. Et être conscient du fait que si les océans meurent, nous mourons. Par conséquent, notre responsabilité ultime est de protéger la biodiversité dans les océans de notre planète.

L’argument environnemental est adapté seulement quand on évoque les droits fondamentaux des animaux humains et non humains (destruction des habitats des animaux sauvages, faim dans le monde, etc.)

3) Des pratiques occultées.

Acheter des produits testés sur animaux, des vêtements en matière animale d’occasion, pratiquer un freeganisme carniste, tuer et ou battre un chien, incorporer un chien dans une équipe professionnelle, dresser un chien pour un guide d’aveugle, monter un cheval ou le dresser et aller voir des spectacles avec animaux ont peu d’impact négatif sur l’environnement.

Et pourtant, ils sont problématiques dans le sens où ces pratiques vont à l’encontre de la libération animale et renforcent la pratique sociale qui est de consommer des animaux.

4) Écologique ne veut pas dire éthique

En se rendant compte que les êtres humains aussi polluent et on est fort pour cela, il est envisageable de tuer des humains. Or, cela n’a rien d’éthique.

Tout comme une personne peut venir à tuer des animaux pour qu’ils polluent moins.

Les droits des animaux peuvent être bafoués par écologie.

5) L’éthique, un choix sans concession et compensation

Il est possible qu’une personne végane pour l’environnement puisse en fait s’autoriser à exploiter les animaux dans la mesure où elle compense par d’autres actes.

L’éthique ne se compense pas. Exploiter un animal et en épargner un autre n’enlèvera en rien qu’on ait bafoué les droits du premier.

Il peut être meilleur pour l’environnement d’acheter un produit local non végan qu’un produit végan produit à l’autre bout de la planète. Pourtant, cela n’a rien d’éthique.

On en revient aussi au freeganisme, plus local, plus écolo que d’acheter.
Finalement, les limites de l’écologie sont difficiles à définir. Alors que pour l’éthique, un cadre a été posé, celui de respecter les êtres sentients, en occurrence les animaux.

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1) We adopt an anthropocentric point of view.

The question of protecting the planet arises when human beings often feel in danger from global warming or when they are concerned about the disappearance of certain species of wild animals.
This way, most of the victims are invisible.

Promoting the environment when a person doesn’t care about animals is like telling him that the blood of humans in wars pollutes the water table. Their rights are not considered.

2) We care more about the species than the individual

Many people who care about ecology think first of protecting species rather than individuals. This is for example the case with bees where beekeeping is promoted as a great rescue for bees. But no mention is made of the bees killed and exploited in beekeeping.

Paul Watson, who has been involved in ecology for many years, emphasizes aquatic animals while neglecting the exploitation of land animals. While one could simply by a promotion of anti-speciesism and abolitionist veganism consider all animals.

Excerpts from an interview with Paul Watson:

My editor wanted me to ask you: Why is killing a whale worse than killing a pig, for example, when a pig is smart, too?

I get this question a lot from the Japanese, and I find it offensive. How can we compare killing a pig with killing a whale? First of all, our ships are vegan. Forty percent of the fish caught in the oceans are used to feed livestock – pigs and chickens are the largest aquatic predators. The livestock industry is one of the largest contributors to greenhouse gas emissions. Eating meat is an ecological disaster.

Are you vegetarian or vegan?

Yes, a vegan, but we promote veganism not for animal rights reasons, but for environmental conservation reasons.

You can’t compare the slaughter of animals in a slaughterhouse to the slaughter of a whale. What is done to these whales – or dolphins, as in Taiji – would never be tolerated in an abattoir. These slaughterhouses would be closed. It takes 10 to 45 minutes to kill a whale and they die in horrible agony. This would be completely intolerable and illegal in any slaughterhouse in the world.

Furthermore, these are endangered and protected species – pigs and cows are not. They are part of an ecosystem, unlike pigs and cows. It always bothers me when this comparison is brought up. And especially when it is brought up by the Japanese, who eat more pigs, cows and chickens than all the people of Australia and New Zealand put together. Only one percent of the Japanese eat whales; most eat cows and pigs and birds. This is a ridiculous analogy.

What can people do to support your work?

Stop eating the ocean. Don’t eat anything from the ocean – there is no such thing as a sustainable fishery. If people eat meat, make sure it’s organic and doesn’t contribute to the destruction of the ocean because 40 percent of all the fish that is taken from the ocean is fed to livestock – chickens in factory farms are fed fish meal. And be aware that if the oceans die, we die. Therefore, our ultimate responsibility is to protect the biodiversity in the oceans of our planet.

The environmental argument is only appropriate when it comes to the basic rights of human and non-human animals (destruction of wild animal habitats, world hunger, etc.)

3) Hidden practices.

Buying products tested on animals, buying second-hand clothes made of animal material, practicing carnivorous freeganism, killing and or beating a dog, incorporating a dog into a professional team, training a dog for a guide for the blind, riding or training a horse, and going to see shows with animals have little negative impact on the environment.

Yet they are problematic in the sense that these practices go against animal liberation and reinforce the social practice of consuming animals.

4) Ecological does not mean ethical

Realizing that humans also pollute and we are good at it, it is possible to kill humans. But this is not ethical.

Just like a person can kill animals to make them pollute less.

The rights of animals can be violated by ecology.

5) Ethics, an uncompromising choice and compensation

It is possible that a person who is vegan for the environment may in fact allow himself to exploit animals as long as he compensates by other acts.

Ethics are not compensatory. Exploiting one animal and sparing another will not make it any less wrong for the first.

It may be better for the environment to buy a local non-vegan product than a vegan product produced on the other side of the planet. However, this is not ethical.

We also come back to freeganism, more local, more ecological than buying.
Finally, the limits of ecology are difficult to define. Whereas for ethics, a framework has been set, that of respecting sentient beings, in this case animals.

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