En France, il y a 3 millions de piscines privées et le marché ne faiblit pas avec 175000 piscines supplémentaires en 2020.
La moitié se partage en piscine enterrée et l’autre moitié hors-sol.
Je ne donnerai pas le bilan des piscines hors-sol.

Voici le bilan carbone pour une piscine enterrée en béton :

D’après le simulateur utilisé sur le site bonpote, une piscine enterrée en béton non chauffée d’une surface de 32m2 et d’une profondeur moyenne de 1,50m émet 284 kg équivalent CO2 par an.
Pour comparer avec les chiffres plus bas de l’EPDM et du feutre, l’empreinte carbone donnée pour le béton est de 0,16 kg équivalent CO2 par kg de béton.
Le chiffre des 284 kg ne comprend donc pas le chauffage. Pour en savoir plus sur la consommation d’électricité, on peut se reporter ici : https://github.com/laem/futureco-data/pull/94/files
D’autres éléments ne sont pas inclus dans le calcul donné :

  • Barrière de protection
  • Alarme, bâche de sécurité
  • Abri recouvrant intégralement le bassin
  • La mise place d’éclairage (LED ou non)
  • Produits d’entretiens
  • Le type d’eau : réseau ? Récupérée autrement ?

    Bilan carbone pour une piscine naturelle :
    Pour les piscines naturelles, je ne dispose pas de données alors je vais faire des calculs.

    Une piscine naturelle, c’est une zone de baignade, une zone de lagunage et une zone de régénération (pour l’oxygénation du bassin).
    Le rapport de proportion est de 1/1/1 et le tout doit faire idéalement 100m2.

    On va rester avec notre zone de baignade à 32m2 pour comparer.

    De ce que j’ai pu glaner sur un groupe sur les piscines naturelles, il faut nécessairement un feutre géotextile pour éviter la remontée des agrégats du sol et aussi une bâche EPDM pour l’étanchéité. De plus, cela évite que l’eau devienne marron.
    Je n’ai pas trouvé d’exemple de piscine en contact directement avec l’argile.

    Zone de baignade :
    La bâche EPDM pèse 1,5 kg en moyenne par m2 et a un impact carbone de 29,5 kg de CO2 par m2 (20 kg de CO2 par kg d’EPDM).
    Pour reprendre notre piscine de 32 m2 et 1,50 m de haut, sans compter les bords, cela fait donc environ (32 + 24 x 1,50) 68m2 soit environ 2006 kg de CO2.
    Sachant qu’une bâche EPDM a une durée de vie de 50 ans, ça fait 40,12 kg de CO2 par an.

    Pour le feutre géotextile, il faut un feutre de 300 à 800 g/m2.
    On en trouve en 100% polypropylène.
    Je vais prendre ici la source que j’ai trouvé pour un feutre de tableau :
    http://www.mysti2d.net/pasquetarles/ETC/C011/12/feutre%20bilan%20carbone/Tp%20Bilan%20carbone%20feutres.html?Ressourcescomplmentaires.html
    Pour les matières premières, il y a 0,25 kg d’équivalent CO2 par kg de polypropylène. Cela donne 0,075 kg d’équivalent carbone par m2 d’un feutre géotextile à 300 gr/m2 soit 5,1 kg d’équivalent carbone soit 18,7 kg d’équivalent CO2.
    Je ne comprends pas la fabrication ni la distribution ni la valorisation du produit usagé mais ça doit être faible.

    Sa durée de vie est de 25 ans, soit 0,75 kg de CO2 par an, quantité négligeable.

    Zone de lagunage :
    32m2 et 50 cm de profondeur.
    Bâche EPDM : 32 + 24 x 0,50 = 44 m2 soit 1298 kg de CO2.
    Toujours avec une durée de vie de 50 ans : 25,96 kg CO2 par an.

    Feutre géotextile : 12,1 kg équivalent CO2 soit 0,48 kg de CO2 par an.

    Zone de régénération :
    C’est la même superficie que la zone de lagunage
    Bâche EPDM : 1298 kg de CO2 soit 25,96 kg CO2 par an.
    Feutre géotextile : 12,1 kg équivalent CO2 soit 0,48 kg de CO2 par an.

    Ce qui donne donc 234 kg d’EPDM et 20 kg de feutre géotextile (pour un géotextile à 300 g/m2).
    Personnellement, moins j’utilise de synthétique, mieux ma conscience se porte.

    Et donc 4621,66 kg de CO2 ou 93,79 kg de CO2 par an.
    Sans compter les travaux de terrassement.
    Cela commence à faire BEAUCOUP.
  • Des éléments ne sont pas inclus dans le calcul donné :
    – travaux de terrassement
    – empreinte carbone des plantes (culture et transport)
    – pouzzolane
    – pompe, tuyaux, drain
    – consommation de la pompe de filtration
    – skimmer
    – stérilisateur UV
    – consommation du stérilisateur UV et du skimmer
    – type d’eau (récupération ?)

    J’imagine finalement qu’on doit arriver à un résultat similaire à une piscine enterrée en béton, chose étonnante vu que les piscines naturelles sont dites écologiques.

    Les piscines et l’artificialisation des sols

    L’artificialisation des sols consiste à transformer un sol naturel, agricole ou forestier, par des opérations d’aménagement pouvant entraîner une imperméabilisation partielle ou totale, afin de les affecter notamment à des fonctions urbaines ou de transport.

    9,3 % du territoire français sont artificialisés c’est-à-dire occupés par des infrastructures humaines (parkings, routes, logements, lotissements…) contre 8 % en 2012 et 6,9 % en 1992. En 2015, l’artificialisation des sols représentait 5,1 millions d’hectares (51 000 km2).

La gestion des eaux de pluie est impactée : il y a moins d’eau qui s’infiltre dans les terres (avec de possibles dégâts au bâti lors des périodes de stress hydriques) et trop d’eau de pluie (eau d’infiltration) va directement à l’égout (devenant de l’eau de ruissellement).

La biodiversité est aussi impactée, et le sol, en plus de ne plus être en capacité de nous alimenter, peine à absorber le carbone de l’atmosphère, rôle pourtant essentiel à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les piscines et la consommation d’eau

Dans l’hypothèse du renouvellement annuel d’un tiers du bassin, la consommation en eau d’une piscine familiale moyenne de 32m2 correspond à environ 15 m3/an. À titre de comparaison, on estime qu’une famille moyenne de 4 personnes consomme 150m3 d’eau par an, soit 55 m3 par adulte et 20 m3 par enfant.

Pourquoi économiser l’eau ?
– faire face aux sécheresses qui s’accentuent
– moins de demande en eau limite les fuites d’eau dans l’acheminement
– prévenir les conflits autour de l’eau
–  réduire les besoins et les infrastructures nécessaires au traitement de l’eau destinée à la consommation humaine (ouvrages de captage, d’épuration et de distribution). De plus, certaines étapes du traitement de l’eau peuvent nécessiter des produits chimiques et des processus nocifs pour l’environnement, de même que le traitement des eaux usées rejetées en mer est parfois jugé insuffisant.

L’empreinte carbone pour un mode de vie soutenable

L’empreinte carbone recommandée est de 2 tonnes équivalent CO2 par an par personne alors que les émissions moyennes d’une personne française sont plutôt de 10 tonnes équivalent CO2 par an.

Supprimer une piscine

Précautions Une pisine en béton peut commencer à « bouger » une fois vide. Avec à la clef, une érosion du sol possible et un impact néfaste sur les fondations d’une maison à proximité.
Avant toute chose, il faut aussi se renseigner auprès de votre mairie concernant les règles à appliquer (permis de démolition par exemple) pour ne pas être en infraction.
– Arrêter tout traitement deux semaines avant la vidange.

Retirer l’eau de la piscine
Selon le décret du 3 juin 1994, il est interdit de déverser l’eau de sa piscine dans le réseau collectif d’égouts sans autorisation, pour éviter toute surcharge des stations d’épuration. Il faut donc faire une demande auprès des autorités locales, mairie ou préfecture, pour obtenir une dérogation, et il est alors possible qu’une redevance d’assainissement vous soit facturée. Une fois l’autorisation obtenue, il vous suffira de raccorder votre piscine aux égouts à l’aide d’un tuyau.

Dans certains cas, c’est l’épandage au sol qui peut-être proposé.
Il faut alors choisir une période où le sol est sec et vider le bassin petit à petit pour ne pas inonder le terrain, surtout si celui-ci est en pente.
Si les deux solutions ne sont pas possibles, vous pouvez recourir à un vidangeur ou stocker une partie de l’eau (débarassée de ses traitements chimiques) pour arroser le jardin.

Enlèvement partiel

Il faut enlever les margelles, le liner, les pompes, les filtres, les tuyaux, les siphons 

Percer le fond de la piscine Prendre un marteau-piqueur, un marteau avec un burin ou autre outil qui peut percer le fond de la piscine. Les trous laisseront passer le ruissellement de l’eau une fois que la piscine sera comblée.
Pour une piscine en béton, on pensera à déposer un tissu filtrant sur les trous au fond de la piscine. 

Supprimer les parties extérieures en béton. Enlever l’espace bétonné autour de la piscine et ainsi que le rebord de la piscine. Faire de cela, des morceaux que vous jetez dans la piscine au niveau des trous que vous venez de faire.

Combler le trou
 Par-dessus les morceaux de béton que vous avez jeté dans la piscine et pour couvrir le fond de la piscine, il faut ajouter une couche de roches concassées. Ensuite, verser une couche de sable. Pensez à tasser au fur et à mesure les couches que vous ajoutez, vous limiterez ainsi la hauteur de l’affaissement qui viendra par la suite. N’oubliez pas que la dernière couche qui comblera la piscine doit être de la terre arable (environ 30 cm de hauteur) qui vous permettra d’utiliser la surface pour faire pousser de l’herbe ou autre chose.

Enlèvement total

Suppression de la piscine Tous les matériaux de béton et de piscine sont coupés en morceaux gérables, chargés dans une benne à ordures ou une remorque, et transportés vers la décharge ou centre de recyclage le plus proche.

Combler le trou Le trou est remblayé avec de la terre ou/et du gravier.
La zone est compactée et préparée pour la suite.

Alternatives à ce nouvel espace

– Faire un jardin ou/et planter des arbres (les deux sont possibles dans l’idée d’un jardin forêt).
– dans le cas d’un enlèvement total et avant de combler le trou, il est possible de faire une serre enterrée encore appelée walipini.
Vous trouverez de nombreuses informations sur internet pour faire une serre.
Quelques pdf à votre disposition pour commencer :
https://lejardin-salutterre-13.webself.net/file/si1035071/download/Construction%20des%20serres%20enterrées%20Wapini-fi15903314.pdf
https://www.solaripedia.com/files/1257.pdf
http://ecole.et.territoire.pagesperso-orange.fr/walipini.pdf

La piscine, un espace qui répond à certains besoins

La piscine reste une stratégie pour répondre à certains de vos besoins et non un besoin en elle-même.
Les besoins comblés par cette stratégie peuvent être les suivants :
– détente
– récréation
– relaxation
– ressourcement
– défoulement
– partage (quand on partage cette activité en famille ou entre ami.e.s par exemple)
– mouvement, exercice (quand on décide de nager dans sa piscine ou y faire du vélo)
– confort (quand il fait chaud et que vous avez besoin de vous rafraîchir le corps)
Etc, etc…

Pour combler ces besoins, il existe des centaines d’autres stratégies que vous pouvez mettre en place.